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22 janvier 2015

L’HEURE DU CHOIX : ORDRE OU EMANCIPATION ?

François Hollande a lancé « l’acte II de la refondation de l’Ecole (21/01/15). Ses deux mots d’ordre : « lucidité et fermeté ». C’est donc l’option de maintien de l’ordre qui a été majoritairement retenue, la voie du respect de l’autorité des enseignants. Bref, on ne laissera rien passer !

Voilà la réponse aux attentats contre Charlie Hebdo de notre président. Cela rassure. Braves gens, dormez tranquille, l’Etat va mater les petits trublions des banlieues.

C’est aussi l’esprit de Guizot qui est à l’œuvre. Lui qui écrira, dans une circulaire d’août 1835 : « L’instruction primaire est uniquement dévouée au développement de la moralité individuelle et au maintien de l’ordre social. »

Maintenir l’ordre, rester à sa place, accepter, renoncer… Voilà ce que l’on demande aux Français et encore plus aux Français qui vivent dans les quartiers. Comment ensuite s’étonner que, devenus des citoyens de seconde zone, certains refusent le système qui les exclut ?

Encore une fois, la réaction politique n’est pas à la mesure de la situation. Certes, l’Ecole se doit d’être un lieu de construction de la citoyenneté, de débat autour des règles du « vivre ensemble ». Mais la citoyenneté, cela ne se « transmet » pas, cela se construit !

« De nouveau, la laïcité et la Marseillaise resurgissent comme une thérapeutique idéale, espérant formater les élèves selon un modèle standardisé et docile », constatent pour le regretter les enseignant.e.s et chercheurs/ses sur l’école Vincent Casanova . [1] Il ne s’agit pas de remplir des coquilles vides, mais de retrouver un autre esprit, celui de Condorcet et de l’Ecole comprise comme un instrument, non pas d’Etat et de mise en conformité avec l’ordre établi, mais d’émancipation. C’est l’élément positif de la déclaration de F. Hollande lorsqu’il souhaite développer l’esprit critique des élèves faces aux médias. Se forger un esprit critique, discuter voire disputer sont des passages obligés vers l’émancipation des personnes et la citoyenneté. Alors, au cours de ces discussions, on entendra des « Je ne suis pas Charlie ». Faut-il pour autant stigmatiser, exclure des propos au nom de la moralité, de la bien-pensance ? Ou au contraire en faire le point de départ d’un débat, basé sur la raison, pour faire évoluer les points de vue ?

Beaucoup d’enseignants n’ont pas attendu de directives pour faire réfléchir leurs élèves sur des questions touchant à la citoyenneté , les faire argumenter. Ils n’ont pas joué le rôle d’un précepteur dispensateur du savoir, mais plutôt celui d’un « catalyseur », d’un accompagnateur soucieux de voir les enfants raisonner.

Nous voulons changer la société, alors méditons ces pensées de Condorcet :

« tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d’une opinion étrangère, en vain toutes les chaînes auraient été brisées, en vain ces opinions de commandes seraient d’utiles vérités ; le genre humain n’en resterait pas moins partagé entre deux classes : celle des hommes qui raisonnent, et celle des hommes qui croient. Celle des maîtres et celle des esclaves ». [2]

[1] La suite ici

[2] Rapport sur l’organisation générale de l’Instruction publique présenté à l’Assemblée nationale législative au nom du Comité d’Instruction publique les 20 et 21 avril 1792 par Condorcet

 

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