www.snuipp.fr

SNUipp-FSU des Vosges

Vous êtes actuellement : Métier  / système éducatif 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {} syndiquer le forum
17 janvier 2019

Evaluations CP-CE1 2ème phase : pour le SNUipp-FSU, c’est non !

Le SNUipp-FSU, suivi par 5 autres organisations syndicales, demande l’abandon du protocole d’évaluation.

Mercredi 9 janvier le ministère a mis en ligne sur son site vidéos et descriptif des exercices de la seconde phase des évaluations de CP. Des évaluations de mi CP qui font suite à celles de début d’année, présentées comme devant permettre d’apprécier les progrès des élèves en français et en mathématiques et devant définir les ajustements à apporter à l’accompagnement des élèves.

Pas de changement de cap

Le ministère poursuit donc son déploiement d’une culture de l’évaluation et ce, malgré les nombreuses critiques formulées par la profession quant à la pertinence, la fiabilité et l’utilité des évaluations proposées. Il continue de présenter les évaluations de début d’année comme un outil qui aurait permis aux enseignants d’avoir des repères pour accompagner les élèves. Or le SNUipp-FSU a fait part au ministère à plusieurs reprises de nombreux problèmes que cela soit sur le contenu, la passation, la saisie, la remontée des résultats, le rendu aux familles et les remédiations proposées sur Eduscol et l’inutilité de celles-ci dans la réalité de la classe. De fait, le dialogue social est de façade. Le ministère prend note des éléments qui lui sont apportés mais n’en retient que très peu ou pas du tout. Il n’hésite pas, par contre, à se référer à son questionnaire en ligne auquel auraient répondu 20 000 enseignants, continuant ainsi à nier le rôle des représentants des personnels.

Des modifications à la marge suite à notre campagne

Si le ministère poursuit sa route, néanmoins il ne peut nier les difficultés auxquelles ont été confrontés les enseignants lors de la première phase : items trop nombreux, temps de passation non adapté et saisie chronophage...Nos nombreuses interventions que cela soit auprès du ministre, dans les instances, les médias et les réseaux sociaux, ont permis quelques bougés : la reconnaissance du fait que les temps indiqués ne sont pas les temps réels de passation, la diminution du nombre d’exercices, la mise à disposition d’une version adaptable pour les élèves à besoins spécifiques, une conception différente du document remis aux familles reposant sur les acquis déjà en place sans aucune mention de score mais avec la possibilité ou pas d’y intégrer les propositions de soutien. Des aménagements qui ne remettent pas en cause la finalité de ces évaluations.

Quel but poursuit le ministère ?

Ces modifications de forme ne permettent pas de modifier le fond de ces évaluations qui ne seront pas plus au service des élèves et des enseignants que les premières. En français, les évaluations restent centrées sur le décodage et l’oralisation, et font de la fluence un outil d’enseignement et de mesure ; la compréhension est une nouvelle fois mise de côté alors que les études internationales montrent que c’est justement ce point qui est à travailler. Les évaluations de mi-CP prévoient par exemple la lecture de « mots inventés », additions de syllabes sans signification. Sur 8 items en français un seul concerne la compréhension de phrases mais elles sont décontextualisées, aucun exercice de compréhension orale ni de production d’écrits n’est proposé. Des items devront être passés individuellement, quid de l’organisation de la classe ?

En mathématiques, l’exercice sur la droite numérique est maintenu alors qu’il est loin de faire l’unanimité, tant du côté des enseignants que des chercheurs.

Pour justifier ces choix à la fois auprès du grand public et de la profession, le ministère a pris le soin de mettre en ligne une vidéo où Stanislas Dehaene défend cet exercice sur la droite numérique et Johannes Ziegler les exercices sur la fluence.

La présentation bienveillante, le climat de confiance, l’encouragement prônés dans le guide de l’enseignant ne pourront suffire à pallier la réponse inadaptée de ces évaluations aux besoins des enseignants et des élèves. De plus cela renvoie la responsabilité de l’échec possible de la passation aux enseignants : des vidéos infantilisantes montrent aux enseignants comment procéder.

Le SNUipp-FSU continue de dénoncer ces évaluations qui ne sont là que pour permettre au ministère d’imposer des méthodes qui n’ont pourtant pas fait leurs preuves et pour évacuer toute autre approche. La menace d’un pilotage par les résultats, qui conduira à une école de la performance et de la concurrence, se renforce.

Des évaluations et après ?

Comme pour la phase 1, les enseignants devront saisir les réponses aux exercices de chaque élève. Le ministère nous a assuré lors de l’audience syndicale du 20 décembre que les bugs informatiques ont été corrigés et que la saisie serait plus aisée. Le portail de saisie sera ouvert dès le départ, et jusqu’au 23 mars. A compter du 11 février les enseignants disposeront du profil de la classe et des acquis et besoins de chaque élève. Il est demandé à nouveau aux enseignants de rendre compte des résultats aux familles individuellement, avec les explications nécessaires. A nouveau aucune mention du temps qu’impliquent ces évaluations sur le temps de travail des enseignants. Et surtout, le ministère confirme sa volonté de les déposséder de leur analyse, ce qui renforce la dimension de mise sous tutelle des enseignant-es. Des formations sont d’ailleurs annoncées dans le prolongement de ces évaluations.

Alors on continue ?

Dès maintenant, le SNUipp-FSU appelle tous les enseignants à ne pas faire passer ces évaluations. Quelle école voulons-nous ? Une école émancipatrice ou une école qui restreint l’accès à la compréhension et qui de fait continuera à augmenter les inégalités scolaires reproduisant ainsi les inégalités sociales ? Des enseignants concepteurs ou réduits au rôle d’exécutant ?

courrier unitaire

la réponse du MEN

 

9 visiteurs en ce moment

*Top

6 maison des associations
Quartier de la Magdeleine
88000 Epinal

- snu88@snuipp.fr
- Tél : 03 29 35 40 98
- portable : 07 78 87 81 25


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU des Vosges , tous droits réservés.