SNUipp-FSU des Vosges
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Claire Leconte prône une "continuité éducative".
dimanche, 25 mai 2014
/ Vincent

Le SNUipp-FSU des Vosges accueillait ce 21 mai à Golbey Claire Leconte, professeur émérite en psychologie de l’éducation à l’université de Lille 3 et chercheur en chronobiologie. Elle est une spécialiste des rythmes de l’enfant et de l’adolescent.

Claire Leconte frappe fort dès le début de la conférence, car, pour elle, parler de "rythmes scolaires" est un non-sens scientifique.

Un rythme, c’est une reproduction à l’identique d’un même événement en fonction d’une même périodicité. Or, à l’école, pas un jour ne ressemble à un autre.

De plus, si l’on considère l’enfant dans sa globalité, on constate que le temps scolaire ne représente effectivement que 10 % de la vie de l’enfant.

Si l’on veut aménager le temps scolaire, il faut avoir de l’ambition et impliquer tous les partenaires de l’école (parents, collectivités, animateurs...). Il s’agit bien d’un projet de société et ce n’est pas en réduisant la journée de quelques minutes que l’on obtiendra un "mieux être" des enfants et une meilleure disponibilité aux apprentissages.

Si, pour Claire Leconte, le bon modèle semble bien de 5 jours travaillés, elle préconise certains aménagements :

- Sur la journée

Le matin n’est pas, chez l’enfant, égal à l’après-midi. L’attention est plus importante le matin (sécrétion de cortisol élevée). Il faut donc privilégier les apprentissages le matin. Mais attention : cela ne veut pas dire pour autant ne faire que du français et des mathématiques ! Claire Leconte préconise plutôt de jouer sur les alternances d’activité, de faire du lien entre les matières pour acquérir les connaissances (exemple : maths et EPS).

L’accueil du matin : il doit être fait en élémentaire comme en maternelle dans chaque classe.

Les matinées doivent être longues (4 h) y compris en maternelle. D’ailleurs, pour la chercheuse, 5 bonnes matinées de 4 heures seraient suffisantes pour des enfants de maternelle.

- La pause méridienne

Elle doit être un vrai moment de repos. Dans certaines cantines, des mesures ont révélé une exposition jusqu’à 85 dB (soit le bruit d’une locomotive ! ). L’après-restauration doit aussi être l’occasion de se détendre (aménager les espaces de cour à cet effet : escargots, marelles...)

- Sur l’année

Prenant en compte les rythmes biologiques de l’enfant, Claire Leconte préconise :

Claire Leconte a conclu son exposé sur la nécessité de renouer le dialogue avec les parents, de les informer sur les rythmes naturels de leurs enfants et d’élaborer avec eux un projet éducatif.

Pour le SNUIpp-FSU, l’Ecole n’est pas un vase clos où un simple aménagement d’horaires scolaires suffirait à résoudre tous les problèmes. C’est autour d’un projet éducatif commun, dans un contexte global que l’enfant pourra se réaliser et devenir un citoyen épanoui dans sa vie d’adulte.

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